La Standard de Jieldé, par Antiquités Brocante

Le magazine Antiquités Brocante a décidé dans son numéro n° 283 de mai 2022 de présenter la lampe Standard de Jieldé, celle que je rénove et vends sur ce site dans la boutique:

La Standard de Jieldé, une lampe d'atelier iconique!

Son invention a bouleversé le monde de l’éclairage industriel dans les années 50. Intemporel, ce modèle est aujourd’hui prisé des amoureux de déco vintage. Pourtant, ce luminaire n’est pas la création d’un grand designer, mais d’un chef d’entreprise préoccupé par ses propres besoins d’éclairage.

Jean-Louis Domecq
Jean-Louis Domecq, créateur de la lampe Jieldé Standard

Dans les années 40, le jeune mécanicien Jean-Louis Dommecq (1920-1983) n’est pas satisfait de la lampe de travail qu’il utilise dans son atelier lyonnais; elle n’est pas appropriée aux besoins particuliers de son activité. Il imagine alors une version simple, souple et robuste à la fois, résistante aux vibrations des machines, orientable manuellement sans se brûler et sans être gêné par des câbles…

En 1950, il concrétise son projet et dessine un luminaire totalement articulé. Le concept est révolutionnaire: la lampe ne possède aucun fil à l’intérieur de ses articulations.

La production industrielle s’engage au cours des deux années suivantes, et le modèle définitif voit le jour en 1953. Il est baptisé simplement Standard.

Démarrage en trombe!

Jean-Louis Domecq présente son invention à la Foire de Lyon, puis à celle de Paris où elle attire l’attention de la presse et des professionnels de l’industrie. L’ingénieux créateur fonde sa société de commercialisation dans la foulée, et la nomme Jieldé, à partir de ses initiales JLD.

Le succès est immédiat. La lampe Jieldé accompagne l’industrialisation de la France des Trente Glorieuses et trouve rapidement sa place dans les usines et les ateliers, sur les tables à dessin, puis arrive dans les hôpitaux et les laboratoires.

Elle est fabriquée artisanalement dans le 3ème arrondissement de Lyon, puis les établissements Domecq implantent leurs ateliers en banlieue, à Saint-Priest.

Usine dans les années 50
Dans les usines et les ateliers des années 50 à 70, chaque poste était équipé d'une de ces lampes
Stock de lampes Jieldé anciennes
Un ancien stock de lampes qui ne demande qu'à retrouver la lumière

L’icône revisitée

La lampe Jieldé est la reine des ateliers, mais la production française s’épuise rapidement. Bien qu’à sa création, elle soit destinée à un usage professionnel, elle quitte peu à peu le monde industriel et s’invite dans les intérieurs français à partir des années 80. Par son élégance, elle a su traverser le temps et est devenue un élément phare d’une décoration industrielle naissante.

Quelques spécificités

Totalement modulable grâce à ses quatre éléments standards interchangeables, c’est une lampe que l’on peut monter et démonter soi-même. Elle est dotée d’un bloc réflecteur, d’un interrupteur, d’un socle tournant à 360 degrés et de différents bras.

Les fils électriques n’existent pas. Ils sont remplacés par des contacts ondulés en chrysocale (un alliage de cuivre, de zinc et d’étain) qui font circuler le courant au sein de rotules articulées qui permettent à la lampe de se mouvoir. Ainsi, elle tourne et pivote selon les besoins de son utilisateur, qui n’est jamais gêné par le câblage.

Le réflecteur est facile à manoeuvrer grâce à un cercle de manipulation conçu en acier gainé. C’est ce qui empêche l’utilisateur de se brûler les mains par la chaleur produite par l’ampoule dans le réflecteur.

La lampe Jieldé est unique au monde.

Pas de fils électriques sur les lampes Jieldé
Aucun fil n'est apparent! Le courant électrique passe par des contacts ondulés en chrysocale, situés dans les articulations de la lampe

Par Geoffrey Dupont (photos DR)